Tu rêves d'ouvrir ton salon de coiffure, mais tu n'as pas le BP Coiffure ? Tu te demandes si c'est possible, quelles sont les alternatives légales et les risques encourus ? Je te donne toutes les clés pour comprendre la réglementation en vigueur et éviter les pièges.

La réglementation en vigueur : que dit la loi de 1946 ?
La loi du 23 mai 1946 impose que toute entreprise de coiffure soit placée sous le contrôle effectif et permanent d'une personne professionnellement qualifiée. Concrètement, cela signifie qu'un salon de coiffure ne peut pas fonctionner sans la présence d'un titulaire du Brevet Professionnel Coiffure (BP) ou d'un diplôme équivalent.
La gestion d'un salon donne lieu à gérance technique avec contrat enregistré lorsque le propriétaire n'est pas titulaire du BP ou du brevet de maîtrise. Cette gérance ne peut être assurée que par les titulaires du BP ou du brevet de maîtrise. Cette disposition est le cœur de la réglementation : pas de BP = pas de salon, sauf si tu mets en place une solution légale.
Pourquoi cette exigence ? Le métier de coiffeur implique l'utilisation de produits chimiques dangereux (colorations, décolorations, permanentes). Seuls les titulaires du BP ou du brevet de maîtrise sont autorisés à utiliser des produits renfermant de l'acide thioglycolique à des concentrations comprises entre 8 % et 11 %. La loi protège donc la santé publique en garantissant un niveau de compétence technique.
Les évolutions récentes : nouvelles lois et assouplissements
Contrairement à ce que certains articles laissent penser, aucune nouvelle loi en 2024 ou 2025 n'a supprimé l'obligation du BP. Les recherches de type "nouvelle loi BP coiffure 2024" sont souvent liées à des rumeurs ou à des confusions avec d'autres secteurs. Le décret de juin 2024 a modifié le référentiel du BP, mais n'a pas changé l'obligation légale.
En revanche, quelques évolutions récentes méritent d'être mentionnées :
- Équivalences européennes : Les ressortissants de l'UE peuvent exercer en France avec un diplôme équivalent reconnu par leur pays d'origine, sous certaines conditions.
- VAE (Validation des Acquis de l'Expérience) : Le BP Coiffure est accessible par la VAE, ce qui permet aux professionnels expérimentés de valider leurs compétences sans repasser par la formation classique.
- Dérogations transitoires : Une dérogation existait pour les coiffeurs justifiant de 6 ans de pratique avant 1946, mais elle n'est plus applicable aujourd'hui.
Les alternatives légales pour ouvrir sans BP
Si tu n'as pas le BP, trois solutions légales s'offrent à toi pour ouvrir ton salon :
1. Embaucher un salarié titulaire du BP
C'est la solution la plus courante et la plus sécurisée. Tu embauches un coiffeur qualifié en CDI qui assure le contrôle effectif et permanent du salon. Ce salarié doit être présent quotidiennement et superviser toutes les prestations techniques.
| Critères | Exigences légales | Coût estimé |
|---|---|---|
| Type de contrat | CDI à temps plein | - |
| Présence | Quotidienne et effective | - |
| Salaire brut mensuel | 1 900 € - 2 500 € | Charges comprises : 2 500 € - 3 500 € |
| Responsabilité | Technique et sanitaire | - |
2. Passer le BP en candidat libre ou en VAE
Si tu as déjà de l'expérience en coiffure (avec un CAP par exemple), tu peux préparer le BP Coiffure en candidat libre ou par VAE. Cette solution te permet de devenir autonome et de gérer ton salon sans dépendre d'un salarié.
- BP en alternance : 2 ans de formation en CFA avec un contrat d'apprentissage ou de professionnalisation.
- BP en candidat libre : Révisions autonomes avec nos Fiches de Révision, inscription aux épreuves via ton académie.
- VAE : Dossier de validation basé sur ton expérience professionnelle (minimum 1 an en rapport avec le BP).
Pour en savoir plus sur les modalités d'inscription et les dates d'examen, consulte le calendrier des examens.
3. S'associer avec un titulaire du BP
Tu peux créer une société avec un associé titulaire du BP, qui assure la gérance technique. Cette solution nécessite une confiance mutuelle et un cadre juridique solide (statuts de société, répartition des parts, contrat de gérance).
Le marché de la coiffure reste dynamique malgré la concurrence. En 2024, on compte environ 85 000 salons de coiffure en France, avec une légère baisse due aux fermetures liées aux difficultés économiques et au manque de personnel qualifié.
Embaucher un salarié titulaire du BP : mode d'emploi
Si tu choisis d'embaucher un salarié BP, voici les étapes clés à respecter :
- Rédiger une offre d'emploi attractive : Mentionne le salaire, les avantages (primes, horaires, ambiance), et les perspectives d'évolution.
- Vérifier les diplômes : Demande une copie du BP Coiffure ou du brevet de maîtrise. Vérifie son authenticité auprès de l'académie si nécessaire.
- Établir un contrat de travail en CDI : Précise les missions, la rémunération, les horaires et la clause de contrôle effectif et permanent.
- Déclarer le salarié à la Chambre des Métiers : Lors de ton immatriculation, tu devras fournir une copie du diplôme et du contrat de travail.
- Assurer une présence quotidienne : Le salarié doit être présent chaque jour d'ouverture du salon. En cas d'absence prolongée (maladie, congés), tu dois trouver un remplaçant qualifié.
Pour trouver des candidats qualifiés, consulte les offres sur notre liste des établissements qui forment au BP Coiffure, ou contacte les CFA locaux.
Location de BP : légal ou illégal ? Les risques
La location de BP (aussi appelée "prêt de nom" ou "location de qualification") est une pratique illégale qui consiste à payer quelqu'un pour qu'il prête son diplôme sans exercer réellement dans le salon. Cette solution peut sembler tentante, mais elle est strictement interdite et expose à de lourdes sanctions.
Pourquoi est-ce illégal ?
La loi exige un contrôle effectif et permanent, c'est-à-dire une présence physique et une supervision technique réelle. Un titulaire du BP qui prête son nom sans travailler dans le salon ne remplit pas cette condition. Il s'agit d'une fraude aux yeux de la loi.
Quels sont les risques ?
- Pour le gérant du salon : Amende de 4 500 € à 7 500 €, fermeture administrative du salon, poursuites pénales pour exercice illégal.
- Pour le titulaire du BP : Retrait de la qualification professionnelle, poursuites pour complicité de fraude, interdiction d'exercer.
- En cas d'accident : Si un client subit un dommage (brûlure, allergie, chute de cheveux), l'absence de contrôle effectif aggrave la responsabilité civile et pénale. Les assurances peuvent refuser de couvrir les dommages.
- Embaucher un salarié BP en CDI
- Passer le BP soi-même (candidat libre ou VAE)
- S'associer avec un titulaire du BP
- Respecter le contrôle effectif et permanent
- Louer un BP (prêt de nom)
- Faux diplômes ou diplômes falsifiés
- Absence de contrôle effectif
- Ouvrir sans aucune qualification
D'ailleurs, tu as peut-être entendu parler de salons fermés suite à des contrôles de la Chambre des Métiers ou de la DGCCRF. Ces contrôles sont de plus en plus fréquents, et les sanctions sont appliquées sans concession.
Sanctions encourues en cas de non-respect
Ouvrir un salon de coiffure sans BP ou sans contrôle effectif expose à des sanctions administratives et pénales :
Voici le détail des sanctions :
| Type de sanction | Montant / Conséquence | Contexte |
|---|---|---|
| Amende administrative | 4 500 € | Première infraction |
| Amende en récidive | 7 500 € | Deuxième infraction dans les 5 ans |
| Fermeture administrative | Immédiate | Décision préfectorale |
| Peine de prison | Jusqu'à 6 mois | En cas de récidive ou de mise en danger |
| Interdiction d'exercer | Temporaire ou définitive | Décision judiciaire |
Les contrôles sont effectués par :
- La Chambre des Métiers et de l'Artisanat : Vérifie la conformité des diplômes lors de l'immatriculation et peut effectuer des contrôles a posteriori.
- La DGCCRF (Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes) : Contrôle le respect de la réglementation professionnelle et sanitaire.
- L'Inspection du Travail : Vérifie les contrats de travail et la présence effective des salariés qualifiés.
Cas particuliers : barbier, coiffure à domicile, micro-entreprise
Ouvrir un salon de barbier sans BP
Le métier de barbier est soumis aux mêmes règles que la coiffure classique. Seule exception : dans les communes de moins de 2 000 habitants, la coiffure pour hommes exercée comme activité accessoire ou en complément d'une autre profession est dispensée de l'obligation du BP. Mais attention, cette dérogation est très restrictive et ne s'applique pas aux grandes villes.
Pour ouvrir un salon de barbier en ville, tu dois donc :
- Être titulaire du BP Coiffure ou du brevet de maîtrise.
- Ou embaucher un salarié qualifié.
Coiffure à domicile sans BP
L'activité professionnelle de coiffure au domicile des particuliers doit être exercée par une personne qualifiée. Cependant, pour la coiffure à domicile, le CAP Coiffure suffit. Tu n'as pas besoin du BP, sauf si tu souhaites utiliser des produits chimiques spécifiques (permanentes, défrisages avec acide thioglycolique).
Si tu veux te lancer en coiffure à domicile, consulte notre article sur comment trouver son alternance pour préparer ton CAP.
Micro-entreprise et BP
Le statut de micro-entreprise ne change rien à l'obligation du BP. Que tu sois en SARL, SAS, EURL ou micro-entrepreneur, tu dois respecter la réglementation : contrôle effectif et permanent par un titulaire du BP. Le statut juridique n'exempte pas des obligations professionnelles.
Pour plus d'informations sur les démarches administratives, consulte le site officiel Service-Public Entreprendre.
Quiz : teste tes connaissances sur la réglementation BP coiffure
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La loi du 23 mai 1946 impose le contrôle effectif et permanent d'une personne qualifiée pour tout salon de coiffure.
Embaucher un salarié titulaire du BP en CDI permet d'assurer le contrôle effectif et permanent exigé par la loi.
L'amende pour ouverture sans qualification est de 4 500 € en première infraction, elle peut atteindre 7 500 € en récidive.
Seule exception : coiffure homme comme activité accessoire dans les communes de moins de 2 000 habitants. Le CAP suffit pour la coiffure à domicile.
Le contrôle effectif et permanent implique une présence quotidienne et une supervision technique réelle, pas seulement administrative.
Conclusion
Ouvrir un salon de coiffure sans BP est impossible en France, sauf si tu mets en place une solution légale : embaucher un salarié qualifié, passer le BP toi-même, ou t'associer avec un titulaire du diplôme. La location de BP est une pratique illégale qui expose à de lourdes sanctions.
N'oublie pas : la réglementation protège à la fois les professionnels et les clients. Plutôt que de chercher des raccourcis risqués, investis dans ta formation ou dans une équipe qualifiée. Pour aller plus loin, découvre nos Fiches de Révision pour préparer ton BP, et retrouve tous nos conseils sur le blog.
Questions fréquentes sur ouvrir un Salon de Coiffure
Peut-on légalement ouvrir un salon de coiffure sans BP ?
Non, la loi de 1946 impose qu'un salon soit sous contrôle effectif d'une personne qualifiée (BP ou équivalent). Tu peux cependant embaucher un salarié titulaire du BP pour assurer ce contrôle.
Quelles sont les sanctions si j'ouvre sans BP ?
Tu risques une amende de 4 500 € et la fermeture administrative de ton salon. En cas de récidive, l'amende peut atteindre 7 500 € avec une peine de prison possible.
La location de BP est-elle légale ?
Non, la location de BP (prêt de nom) est strictement interdite et constitue une fraude. Les deux parties s'exposent à des poursuites pénales et à la fermeture du salon.
Puis-je ouvrir un salon de barbier sans BP ?
Dans les communes de moins de 2 000 habitants, tu peux exercer la coiffure homme comme activité accessoire sans BP. Ailleurs, le BP reste obligatoire, même pour un salon de barbier.